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Cela fait bien longtemps que je n’avais par posté quelque chose ici et c’est grâce à l’article de VICE/france « Pitié, arrêtez avec les « soirées jeux ».

VICE, c’est une publication spécialisée surtout dans des articles rapportant une expérience personnelle. Parfois, il s’agit de journalistes, parfois non. C’est parfois intéressant, quelques fois touchant et souvent racoleur.

L’article qui m’a fait réagir est de Paul Douard car il vise directement le principe de soirée jeu de société entre ami.

Dans cet article, Paul se plaint d’une expérience pénible et douloureuse d’amis lui ayant imposé une soirée « trivial poursuit ».

Sur ce point, strictement, je le rejoins. Personnellement, il n’y a pas pire jeu au monde que trivial poursuit. Concrètement, le jeu ne présente aucun intérêt tactique et se contente d’exploiter la connaissance des participants sur tel ou tel sujet. C’est tout juste l’équivalent d’un examen d’histoire et géographie avec réponses à choix multiple. En résumé, je vois mal comment un examen à peine déguisé peut présenter le moindre intérêt ludique. Le succès commercial de ce jeu, reste pour moi un mystère.

Plus grave, « trivial poursuit » est la pire expérience ludique bien plus douloureuse et pénible qu’un Monopoly ou un Risk. C’est probablement le produit qui fait le plus de mal à notre hobby en dissuadant totalement les néophytes à découvrir d’autres jeux de société. En résumé, le trivial poursuit est au jeu de société, ce que le double fist fucking est à la partie fine(*).

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Ceci étant dit, l’erreur de Paul s’est de généraliser son unique expérience à l’ensemble des jeux de société. C’est un peu comme si pour la première fois où vous voyez un film vous commenciez par 2-Headed Shark Attack(**). Puis, sur cette base, vous vous mettiez à expliquer (voir à écrire un article) que le cinéma, finalement on peut s’en passer… en réaction, nous pourrions estimer que votre contribution est, disons, légère.

Paul, je pense que te renseigner auprès d’autres personnes que tes tortionnaires t’aurait appris qu’on peut s’amuser et oublier sans nécessairement boire de l’alcool.

Pour revenir au jeu, il est encore dans les esprits seulement quelques produits. C’est bien évidement faux : le jeu de société est un produit culturel riche et protéiforme avec des milliers de titres avec un perpétuel renouveau dans les thématiques, les mécanismes et les expériences de jeu.

J’avais, depuis quelques temps, l’espoir que les esprits en France s’étaient enfin familiarisé avec ce concept de jeu/culture. Malheureusement, ce n’est pas encore tout à fait le cas et Vice m’a à nouveau déçu.

 

(*) Pour les lecteurs les plus innocents, prière de ne rechercher les définitions de ces termes sur google alors que vous êtes au travail. Ou, du moins assurez-vous de filtrer le mode image.

(**) Ami cinéphile, si toi aussi tu as vu et apprécié ce film comme moi. Reconnais que ce n’est pas la première expérience que tu recommanderais.